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Vin "antique", vin "génétique" : le vin italien se ressource
ROME, 16 sept (AFP) - Du vin "antique", préparé comme le faisaient les
Phéniciens il y a deux milles ans et mis en vente dans des amphores,
mais aussi une vigne "génétiquement" identique à celle d'il y a 20
siècles, le vin italien se ressource.
"Le millésime 1999 sera bon, avec des vins blancs d'une excellente
qualité, encore que pour les rouges il soit nécessaire d'attendre une
quinzaine de jours pour avoir une idée précise", a déclaré à l'AFP Marco
Sapelico, spécialiste du vin chez "Gambero Rosso", l'équivalent italien
du "Gault et Millau" français.
Un célèbre oenologue italien, Giacomo Tachis, et l'Institut de la vigne
et du vin de Sicile, ont relancé un antique cépage sicilien, le Grillo.
La vendange aura lieu en octobre, la vin sera mis dans des outres en
terre cuite où il devrait atteindre plus de 16 degrés en teneur d'alcool
après fermentation et avant d'être "amphoré".
M. Tachis, très optimiste en ce qui concerne la qualité de ce vin,
estime que même "les cousins français ne réussiront pas à faire mieux",
avis qui n'est pas partagé par M. Sapelico.
"Un tel vin ne représentera jamais un succès commercial en raison de sa
haute teneur en alcool, qui diminuera avec le temps, et des procédés de
fabrication archaïques qui ne permettent pas de conserver le meilleur du
goût du vin", dit l'expert du "Gambero Rosso".
"Effectuer une opération culturelle dans le domaine du vin veut dire de
toute manière améliorer la qualité en générale de notre oenologie", a
estimé pour sa part M. Tachis, dans un entretien au quotidien La
Repubblica.
A Pompeï, au pied du Vésuve, un "mini-vignoble" de 200 mètres carrés a
été planté parmi les ruines antiques de la ville, dans le jardin d'une
maison détruite en 79 par l'éruption du volcan.
Des botanistes italiens ont mis plusieurs années pour "déchiffrer le
code génétique" du raisin cultivé à l'époque à partir de vignes
carbonisées et ont reproduit des plants de raisin rouge et blanc
correspondant à ceux de l'antiquité.
L'année prochaine, 1.000 mètres carrés seront plantés à Pompeï, d'où
provenait à l'époque romaine "tous les grands crus", selon M. Sapelico.
Entre le vin "antique" en amphore et celui "génétiquement déchiffré", en
passant par le "Chianti" classique, le vin italien en général se porte
bien à l'heure actuelle, estime Giuseppe Martelli, directeur de
l'Association italienne des oenologues.
"Les dernières vendanges du siècle seront de bonne qualité et en légère
augmentation avec une quantité de vin produite qui devrait atteindre les
57 millions d'hectolitres", selon M. Martelli.
L'Association italienne des oenologues et oenotechniciens émet cependant
un bémol: la qualité du vin, millésime 1999, ne sera pas homogène sur
tout le territoire, le sud de l'Italie ayant souffert de sécheresse, le
Nord de trop de pluie.
L'association relève également que la superficie des vignobles italiens
est en réduction constante, autre danger pour l'avenir de la production
italienne de vin.
L'Italie a été en 1998 le principal exportateur de vin au monde, avec
plus de 30% des quelques 40 millions d'hectolitres que représente le
commerce mondial de vin, a indiqué récemment le magazine spécialisé
L'Enotecnico.
L'Italie devance la France et l'Espagne et avec 15,57 millions
d'hectolitres, ses exportations ont augmenté de 8,7% par rapport à 1997.
Le principal client italien en 1998 a été le marché allemand avec 35,4%
des exportations suivi de la France (16,6%), des Etats-Unis (8,9%) et du
Royaume Uni (8,5%).
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