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Article paru dans le journal Le Parisien du jeudi 24 juin 1999.
Patrick Laget.
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EXPORTATION Chute des ventes au premier trimestre 1999
Le vin de Bordeaux en panne au
Japon
SERIEUX revers asiatique pour les vins de Bordeaux ! Les exportations
vers le Japon, le premier marché du monde pour les crus bordelais (+
125 % de chiffre d'affaires l'an dernier), ont subitement chuté de 70
% lors du premier trimestre 1999. Pour autant, les responsables du
Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux ne s'alarment pas outre
mesure. « C'est un rééquilibrage après l'année exceptionnelle de 1998,
estime Eric Dulong, vice-président du CIVB et président de la maison
de négoce Dulong. Après tout, notre solde avec le Japon reste très
largement positif, de plus de 50 %, par rapport à 1997. »
La gamme intermédiaire la plus touchée
Pour ce spécialiste de l'export vers le pays du Soleil-Levant, le
problème n'est pas tant la crise asiatique que « les achats excessifs
» de certains grands négociants japonais qui doivent à présent écouler
leurs stocks. « Nous sommes également gênés par les stocks de vins
chiliens dont les Japonais sont devenus amateurs, parce que le goût de
ces vins sont les plus proches de ceux de Bordeaux. » A noter que les
importations de vins du Chili ont été multipliées par 6,5 depuis 1996.
Les crus bordelais les plus touchés par ce reflux ne sont pas les «
grands crus » mais surtout ceux de la gamme intermédiaire que les
Japonais consomment rapidement. « Ce n'est donc pas lié à une
spéculation sur l'an 2000, qui est beaucoup plus sensible sur les
champagnes », ajoute Eric Dulong qui reste « optimiste » sur le marché
japonais. « Même si les prix ont pu atteindre des niveaux peu
raisonnables ces derniers mois, les Japonais savent très bien attendre
la fin d'un cycle pour racheter. » Un phénomène que l'on retrouve
d'ailleurs chez certains Européens, les Néerlandais et les Danois,
dont les importations de bordeaux ont également fléchi, contrairement
aux autres Européens et aux Nord-Américains qui restent stables. En
tout cas, il n'y a pas que les vins de Bordeaux qui aient souffert de
la crise asiatique. L'ensemble des maisons françaises de produits de
luxe, représentées par le Comité Colbert, affiche une baisse du
chiffre d'affaires à l'export de 4,6 % entre 1997 et 1998.
Jean DARRIULAT
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