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Un ami vous propose, n'hésitez pas ; pour vous ou pour offrir :
jean-pierre barus
" un peu de mémoire dans la marmite"
roman culinaire
C'est un roman qui raconte des histoires de gens et de cuisine,
qui rappelle des bruits et des odeurs d'enfance, dans des campagnes
aujourd'hui desertées. C'est un roman de l'an 2000 qui veut croire
à une modernité qui s'accommode de la blanquette de veau à l'ancienne,
et vous fera découvrir des recettes et des vins, comme un carnet
de voyage gourmand qui prend sa source en Haute Savoie pour vous
conduire, en traversant l'Isère, jusqu'au coeur de l'Ardeche
traditionnelle.
Le texte qui suit est un extrait qui a un avant et un aprés.
Comme toutes les histoires, celle-ci a un prix :
Achat par souscription, 120F, frais de port inclus,
envoi courant septembre 99.
Contacter :
Jean Pierre Barus *
12, rue du Japin
38610 Gières.
email : barus@esa.upmf-grenoble.fr
* Chef de cuisine, chroniqueur gastronomique.
(Pour achat groupé, prendre contact)
"UN MATIN VERS LES CINQ HEURES"
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Dans la cuisine au sol de terre battue, "l'Henri" chauffe la soupe,
après avoir ranimé la flamme du poële encore chaud.
C'est son premier travail, chasser le froid humide.
Il approche du fourneau le fauteuil d'osier où Anaïs a rangé sa robe
de pilou avant de se coucher : "Elle aura chaud en se levant."
Comme une caresse de jeunesse puis, comme alerté par une odeur
familière, il sourit en relevant sa moustache de poivre et de sel
et s'en va jusqu'au buffet où il prend un grand bol de porcelaine
jaunie par les ans et ébréché par l'usage, une grande cuillère
d'argent, le pot à sel en bois de poirier qu'il avait fabriqué
pendant les exceptionnelles froidures de l'hiver cinquante six,
un moulin à poivre Peugeot. Il pose le tout au bout de
la table où attendent déjà le pain, plié dans un torchon, et le
reblochon de ferme endormi sous sa cloche de terre cuite.
Avec des gestes délicats et la mine gourmande, il approche
de la casserole de fonte émaillée où fume la soupe. Il s'assied
sur la chaise de paille et de bois, Anaïs entrée sans bruit lui
tend la louche et dit simplement en guise de bonjour :
"Un jour tu oublieras ta tête mon pauvre Henri."
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" LA SOUPE DE L...GUMES D'HENRI AU R¬P... DE TOMME S»CHE"
(à faire la veille en quantité suffisante pour le soir et le matin)
300 g de pommes de terre, 1 beau poireau, 2 belles carottes,
1 oignon piqué de 3 clous de girofle, 1/2 céleris rave,
1 bouquet garni, 25 g de beurre, 2 l [omega] d'eau, 2 tranches de lard demi
sel
ou un talon de jambon cru, 1 ou 2 séchons coupés en tranches très
fines.
Pour accompagner la soupe :
un peu de lait entier, un peu de Gamay de Savoie bien frais.
Manière de faire : éplucher tous les légumes, faire fondre le beurre
dans la marmite, jeter le poireau coupé grossièrement, les carottes
en rondelles et laisser fondre à couvert et à feu doux pendant
8 à 10 mn, ajouter les tranches de lard, les pommes de terre et
le céleri rave coupés en dés, le bouquet garni et l'oignon piqué,
couvrir de 2,5 l d'eau et cuire pendant 1 heure à feu doux.
Retirer le lard et l'oignon, passer le reste des légumes au moulin,
servir chaud avec le lard coupé en lardons, les tranchets de séchon,
un nuage de lait. Le mari d'Anaïs y coupe du pain rassis.
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Anaïs attend pour déjeuner qu'on lui apporte le lait du jour et
la crème épaisse qui sent l'herbe séchée, litières improvisées
des amours d'été au temps de fenaisons. Alors, gourmande et
solitaire, telle une fillette qui volerait des confitures,
elle mêle une belle louche de crème à la soupe pour les enfants
qui commencent à s'agiter dans leur lit devenu trop froid.
Vers huit heures, le car les "emportera vers l'école".
Au fronton de la maison de pierre, il est écrit d'un côté "Filles"
et de l'autre côté "Garçons", mais la République trop pauvre
n'ayant pu offrir qu'un poële et qu'un instituteur, elle abandonne
dans la plus grande des deux classes les filles et garçons,
mêlés ici pour d'improbables études où le "certif" a valeur
de fin d'études. Il faut l'obstination du maître dévoué et revêche
pour que "toutes ces comédies se poursuivent jusqu'au brevet".
Dans l'idée des paysans "toutes ces simagrées ça va faire des
fainéants qui ne voudront plus travailler les terres, sentir les
vaches et manger le pain noir." Lorsqu'ils auront goûté aux
Babylones de Sous Préfecture, ils s'en iront : "peut-être même
qu'ils auront trop honte pour se rappeler qu'on existe, peut être..."
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