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Ayant été déçu par un Condrieu il y a quelques années, je n'en avais
plus jamais goûté. Les hasards des séances de dégustation ont mis sur ma
route deux petites merveilles récemment: le Coteaux de Poncins 96 de
François Villard et le Les Chaillets Vieilles Vignes 96 de Yves
Cuilleron. Dieu que c'était bon.
Deux vins au style fort différents: avec Villard, c'est l'expression
pure du viogner, un nez intense de lime, poire, pêche blanche, abricot,
écorce d'orange et une touche minérale; une bouche grasse et équilibrée,
fruitée et minérale, d'une grande pureté. Avec Cuilleron, beaucoup de
fruit également, mais en forte concurrence avec le bois. Tout aussi
superbe, mais le nez révèle ici plutôt des notes soufrées et résineuses;
en bouche on retrouve les notes de pêches et de poires, derrière le
bois.
Suis-je tombé sur un millésime particulièrement bon? Ou sur les
meilleurs terroirs de l'appellation? En tout cas, il s'agit de deux
vinificateurs de talent, qui maitrisent tout-à-fait l'excellente matière
que la nature leur donne.
Le même soir, nous avons aussi goûté un Condrieu moelleux (il parait
qu'au début du siècle, on ne faisait que çà là-bas...), un 1990 de chez
Pichon. Là, je suis plus mitigé. Le viogner étant naturellement gras et
fruité, je trouve que le sucre résiduel n'apporte rien de plus.
Quelques jours plus tard, au restaurant, j'ai commandé une Petite Côte
1997 de chez Cuilleron: bonne impression amplement confirmée (bien qu'il
me parait difficile de marrier le Condrieu avec des mets).
Cà y est, je suis un fana de Condrieu!
Thierry
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