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Marionnet,
éleveur bourguignon ?.
Je prétendais que ma
vinification était la meilleure du monde et je dis
être souvent déçu par le bourgogne quand
je les vois, avec le meilleur terroir du monde sortir
certains vins. Mon rêve s'était d'avoir une
vigne en Bourgogne, sauf que financièrement ce n'est
pas possible. Alors, l'année dernière, je me
suis dit "il faut que je trouve un vigneron qui me vende son
raisin que j'amènerai ici et vinifierai (comme vin de
table)". Ca n'a pas été facile parce que les
gars ne veulent pas le vendre. C'est finalement grâce
à un gros client de Paris qui a demandé
à son fournisseur de Bourgogne de m'en céder.
J'ai donc touché un beau raisin juste à la
limite Côtes de Nuit/Côte de Beaune à
Corgoloin. Un rendement de l'ordre de 40 hectos/hectare mais
le gars voulait vendanger de bonne heure. J'ai
été obligé d'y passer. J'ai
envoyé mon fils et un de mes employés et
dès le retour, nous avons mis les 4 tonnes de raisin
dans une cuve de 100 hectos (donc à moitié
pleine) et bien le résultat : il est pas terrible +
un peu d'acescence (acétate d'éthyle).Bref, un
échec complet !
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Comment se fait-il qu'on
parle tant de vous , Monsieur Marionnet ?
Quand j'ai commencé en 73
à vinifier comme aujourd'hui, j'avais 6 hectares : 4
de gamay et 2 de sauvignon.
J'ai essayé de la vendre sur Paris mais les cavistes
n'aimaient pas trop mon vin.
Je me suis rendu compte qu'il fallait passer au dessus d'eux
et que ça soit les gens eux-mêmes qui le
réclament au caviste. Les gens ne connaissaient de
Touraine que le Chinon, Bourgueil et Vouvray...
Mon but a été d'abord de faire un produit :
vinification personnelle et sortie en primeur. En 1974, j'ai
réussi à pénétrer chez le
caviste le plus célèbre de Paris
(Jean-Baptiste Chaudet) avec beaucoup de peines. Lui, aimait
mon vin, mais sa femme, qui touchait des commissions sur un
beaujolais que lui vendait, voyait mon gamay d'un
très mauvais oeil; c'était sa cagnotte
personnelle...Et j'ai profité d'un jour qu'elle
n'était pas là...et ce type m'en vendait
régulièrement 600 bouteilles tous les
samedis... Et je lui ai proposé de faire une
dégustation comparative sur le primeur 74. Où
j'ai connu 3 journalistes importants (Michel Piot du
Figaro)... ça a été le début des
articles (De La Reynière dans le Monde. Ce qui les a
intéressé c'est l'originalité du
Gamay...Mais il a fallu se renouveler. Avec la
cuvée M, ça été le sommet :
meilleur sauvignon du monde. Un jury à
moitié de l'étranger... Il y a tellement de
choses possibles avec le vin... Un journaliste du Quotidien
de Paris a écrit : "le seul vin du monde qui
dessaoule...". Je n'ai pas d'attaché de presse et
...ne presse pas les journalistes, simplement quelquefois,
j'ai sollicité Michel Piot sur une cuvée M
dont j'étais très content. Très peu
d'articles mais très efficace...si on leur
amène quelque chose. Mon ami Périco
Légasse (de Marianne) est un passionné de mes
vins.
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Ca ne vous dérange pas
que je rapporte vos propos sur Internet ?
Vous devez être sans doute le
seul à le lire, alors...
Aucun impact sur les prix vu
votre succès médiatique
?
Ah non pas du tout ! je ne suis pas bordelais. Les
bordelais sont des financiers, des propriétaires
de terrain, ce ne sont pas des vignerons... Il est certain
qu'un gars qui fait 90 hectos/hectare vend moins cher mais a
une meilleure marge bénéficiaire (vendange
à la machine, équipement classique...). Alors
que moi, je vendange déjà 2 fois avant la
vendange dans les bonnes années...ça fait un
rapport 9...
Sur le M, j'ai perdu tout ce que j'ai voulu car, j'ai
essayer d'en faire en 92, 93, 94...j'ai perdu une grande
partie de la récolte...
Une catastrophe économique mais qui m'a amené
tellement de choses. Par ailleurs, je suis toujours
raisonnable et régulier dans les prix.
Les prix, les voici
:
- Sauvignon 29
FTTC
- Gamay 28
FTTC
- Les cuvées
spéciales en rouge 34 FTTC
- Le M : 80 FTTC (...prix
décidé lors de l'olympiade des
sauvignons...)
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