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La
vinification :
attention, danger !
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Circulation de
Cuves...
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Vinification du gamay : la
macération en phase gazeuse.
Le local est non climatisé
mais bien isolé et rafraîchi par les cuves. La
vendange arrive dans les caisses sur palettes. Avant 96, les
palettes étaient montées en haut du chais par
fenwick et on vidait les caisses. Maintenant on a un tapis
élévateur. On vide la caisse en bas et le
résultat est très bon : le raisin arrive
intact dans la cuve. On sature au préalable la cuve
de gaz carbonique et on la remplit complètement de
raisin. On fait une seule intervention : on chauffe le
raisin. Sous l'effet du poids, le raisin produit un peu de
liquide. Je chauffe ce liquide dans un échangeur
à 25-30° et je le ré-injecte en bas de la
cuve. La chaleur se diffuse un peu et la fermentation
démarre sans problème. On sent, on
écoute...c'est étrange ce bruit de pluie dans
la cuve. Elle dure environ 6 jours (je l'ai diminué
de 7 à 6). Cette vinification est bien
différente de celle du beaujolais. Eux, font un
remontage (arrose par le haut) : beaucoup de jus,
d'où une macération en milieu liquide. La
mienne a lieu en milieu gazeux. Moins il y a de jus, le
mieux c'est. J'aurais pu faire des cuves à
étages, je l'aurais fait... Cette fermentation se
fait grain par grain. C'est celle où l'on tire le
plus du grain. Pasteur l'avait imaginé (sans la
mettre en oeuvre...).
Cette vinification est
économiquement dangereuse : récolte
à la main (3 fois plus chère qu'à la
machine), et surtout après, la fermentation est
complètement naturelle : pas de soufre, aucune
protection. Le risque c'est qu'en quelques heures ce
développe l'acidité volatile avec la
contamination probable d'une cuve à l'autre. Cela
demande une attention très précise. Ca peu
monter et rarement descendre ... il ne faut pas être
cardiaque...En cas d'apparition, soit on soutire plus vite,
soit on est obligé de rajouter du soufre. Je connais
plusieurs viticulteurs en Beaujolais qui on
arrêté cette technique car ils ont eu de
l'acidité volatile.
Donc au bout de 6 jours (50% des
raisins sont encore intacts...), je sors la vendange et je
la fais passer dans un pressoir pneumatique. La fermentation
se finit dans les cuves puis la malolactique dans les 15
jours-3 semaines. Dès que la fermentation est
terminée, le vin est soutiré, j'y mets un peu
de soufre et puis c'est tout.
Il est clarifié très
rapidement sur kieselguhr. A ce sujet, je suis contre le
fait de laisser le vin se déposer lentement car en
fait il perd de sa matière, il "maigrit". Tous les
ans, il y a un monde entre les cuves que je sors en primeur
clarifiées vite et que je sors en octobre et celles
de décembre. D'ailleurs j'assemble celui de
décembre avec celui d'octobre. En clarifiant
énergiquement, on bloque les matières dans le
vin. Je maintiens la température des cuves à
15° (à partir de juin
généralement) en faisant couler de l'eau
dessus.
Le
primeur.
C'est une cuve choisie pour son
fruité et qui présente peu de tanins pour
qu'on puisse l'apprécier tout de suite. Je n'y fais
rien de spécial.
Les 3 cuvées
spéciales en rouge.
"Première
vendange"
Comme le faisait nos ancêtres c'est à
dire sans soufre rajouté au soutirage.
"Vinifera"
Faite à partir d'une vigne plantée en
90 non greffée, dite "franc de pied". Et ça
donne un résultat complètement
différent. Comme je l'avais constaté chez mon
ami Charles Joguet à Chinon qui avait une vigne de
cabernet sur ce principe et j'adorais cette vigne. Donc, le
porte-greffe modifie le type de vin ! On retrouve ainsi le
type de vin d'avant le phylloxera...
"Les cépages
oubliés"
Elle est faîte à partir d'un gamay
à jus rouge. Comme cela existait dans la
région et en particulier dans la vallée du
Cher. En fait, il y en avait 3 : Le gamay Fréaux qui
était un gamay "teinturier", c'est à dire
très coloré (même les feuilles sont
rouges) et ce gamay là est complètement
interdit. Subsistent 2 gamay semi-teinturier : le gamay de
Chaudenay et le gamay de Bouze. Ceci sont interdits dans
l'appellation depuis 10 - 12 ans. Jusqu'à là,
on avait droit d'en mettre 15% dans le gamay à jus
blanc. C'était un vin "médecin", c'est dommage
que l'on y ait plus droit. Maintenant, on met n'importe quoi
: cabernet, etc. alors que ces gamay ajoutaient un peu de
corps, c'était pas mal. Donc ce gamay est en voie de
disparition. Un voisin voulait arracher cette parcelle de 1
hectare que j'ai racheté. J'en fait donc 50
hectos.C'est un vin rustique mais pas grossier.
Vinification du
sauvignon.
La vendange est faîte
également à la main. La vinification est assez
complexe et je change souvent d'année en
année. Je fais une partie de façon classique :
Pressage direct, les jus sont mis en cuve, refroidis
à 5°, puis débourbage des matières
qui se sont sédimentées dans les
premières 24 heures par séparation des jus
clairs des dépôts. Les fermentations
démarrent avec les levures naturelles car je fais un
pied de cuve quelques jours avant. La clarification est
beaucoup plus difficile qu'en rouge : les filtres se
colmatent. Il faut attendre début décembre
pour y mettre la main dessus. A part des moyens comme la
centrifugation que j'ai essayé il y a 10-15
ans...mais le résultat ne m'allait pas du tout... Et
puis je fais une autre partie un peu comme le gamay : on
rentre le raisin et pendant 3 jours, j'effectue une
fermentation intracellulaire. Les années où le
sauvignon est trop acide avec ce goût hélas
typique herbacé (que je n'aime pas du tout), je
corrige complètement avec cette technique. Je dois
être le seul au monde à faire ça... Ce
n'est pas comme la macération pelliculaire, où
on égrappe et on laisse macérer en fut entre 6
heures et 24 heures. Je n'ai pas encore pratiqué
cette technique que je sens mal...
La cuvée M.
L'idée initiale était de faire un
sauvignon bien sec mais avec un raisin très
mûr. J'ai eu de la chance de tomber sur des
années favorables à cette idée : 88, 89
et 90 où on à vendangé 3 semaines
à un mois plus tard sans problème avec une
arrière saison magnifique. Pour atteindre 14 -
14,5°, il ne faut absolument pas de pluie. Puis plus
rien jusqu'au 95. En 96, j'aurais pu en faire mais j'avais
une production trop limitée (29 hectos/hectares).
J'en ai fait un peu en 97 sur un rendement de 10
hectos/hectare...parce que la parcelle avait gelé.
Alors quelle ne le fait jamais, elle a gelé à
-1,5°, alors qu'une vigne gèle normalement
à partir de -3° ! La vinification est faite avec
raisins intacts. La maturité n'était pas
là, il a fallu vendanger tôt : 13,3 - 13,4 au
lieu des 14 à 14,5°. Mais on retrouve toujours
ce grain spécial du à cette parcelle...Le M
peut se garder 20 ans !
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