|
La culture
:
L'écartement 3
mètres.
Au début des années
70, on parlait beaucoup des vignes avec un écartement
large. Comme en bordelais et en Anjou.
Et on imaginait que quand les machines à vendanger
serait mises au point, on était sur que les machines
pourraient passer.
Il faut dire que dans mon jeune temps, les raisins des
vignes basses étaient pratiquement par terre et non
récoltables à la machine. L'écartement
des vignes a été donc fixé à 3
mètres initialement.
Mais les dernières plantations ont été
faites à 2 mètres car l'INAO
considère qu'on ne peut pas faire du bon vin à
3 mètres (heu, heu...). Tout mon vignoble a donc
été très rapidement prêt pour la
machine à vendanger et ... je suis un des rares
à tout vendanger à la main ! C'est un peu
paradoxal...
Dans ces vignes à 3
mètres, on palisse haut pour avoir une surface
foliaire forte de façon à compenser le manque
de pieds et assurer une bonne maturité. On ne coupe
en juillet-août que ce qui est très long et
retombe. Avant je faisais une taille très courte. Un
entassement de raisin favorisait la pourriture et ça
ne mûrissait pas bien. Maintenant, c'est tout le
contraire. On taille long. On ébourgeonne, on
étale la récolte. C'est un gros travail
très précis. Il faudrait être 25
à 30 pour faire ça au bon moment. Ce qu'on n'a
pas fait, on le rattrape en août. On effeuille en
août et je vais le faire de plus en plus tôt
: on enlève les feuilles qui couvrent les raisins.
Ceci s'effectue depuis 17 ans avec une machine qui marche
très bien. Le limbe est soufflé par un jet
d'air sortant d'une buse. Les nervures se dessèchent
ensuite en 2 jours. C'est très long (2ha/jour) et
bruyant, mais c'est un système formidable: le
résultat est une vendange plus mûre, plus
noire.
Puis, s'il le faut...mais je le
fais à peu près systématiquement depuis
90, on enlève une partie des grappes. L'année
dernière j'ai du le faire 2 fois. Terrible !
ça mûrissait mal...On enlevait des grains
verts, des pourris, rien n'allait dans un climat chaud et
humide. La vendange 97, je m'en souviendrai toute ma vie !
Et heureusement qu'est venu ensuite ce temps magnifique,
sinon, je ne sais pas ce qu'on aurait fait...
La lutte
raisonnée.
Au niveau traitement, on fait de la
"lutte raisonnée". Nous avons une station
météo informatisée qui, en fonction des
sommes des températures, pluviométrie etc...
indique "on aura du mildiou, de l'oïdium, des
papillons, des vers de grappe...à telle
époque...".
On ne traite donc qu'à coup
sûr et en diminuant toujours les doses. Un
technicien vient tous les vendredis pour faire le point
ensemble. En acharicides, j'en ai pas mis depuis 20 ans
et en insecticides, j'ai voulu faire pareil, mais j'ai
été obligé d'en mettre en 92,
année où j'ai failli tout perdre. Je n'avais
jamais vu ça. 10 jours avant la vendange, j'ai eu une
attaque de papillons (cochylis) générale !
L'année d'après, j'ai du reprendre un
traitement insecticide. Maintenant, on s'oriente vers des
techniques de piégeage sexuel...
Les
rendements.
On conduit la vigne pour
éviter de gros rendements. Je vise un rendement de 50
hecto/ha dans les blancs et 55 à 60 dans les rouges.
Ceci dit, l'année passée en blanc, j'ai fait
40 et 30 l'année d'avant. Ce n'est pas assez pour la
rentabilité. La limite est 68 pour le gamay. Il n'y a
pas d'intérêt à limiter trop la
production du gamay. Pour un cépage peu tannique
comme lui, la surmaturité n'a pas grand
intérêt. J'ai fait 57 l'année
dernière.
|
Vendanges à la moissonneuse ? !!
|