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Hervé
GOUANVIC interview
Dominique BOUTIN.
HG - Je ne m'attendais pas à voir un
géographe présenter le terroir de Cheverny
mais plutôt un oenologue...
DB - Je suis effectivement géographe
mais depuis une dizaine d'année je me suis
spécialisé dans la pédologie au sein de
la Direction de l'Agriculture à Tours.
En particulier, j'ai mené plusieurs études
concernant les terroirs viticoles de Touraine. Comme les
oenologues, j'essaie d'apporter ma pierre à la
construction de bons vins.
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HG - Pouvez-vous me présenter les cartes et
échantillons de terrain que nous trouvons sur cette
exposition ?
DB - Vous avez devant vous des résultats
représentatifs de l'étude commandée par
le syndicat viticole de Cheverny sur une partie du terroir
de l'appelation.
Un certain nombre de cartes (échelle de l'ordre du
1/15 000) montrent la qualité globale des parcelles
vis à vis de la production de vin.
De même, en fonction de la nature physique des sols,
je recommande certaines variétés de
porte-greffe.
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HG - Nous avons également des échantillons
de sols...
DB - Ces 6 échantillons donnent un bon
aperçu de la variété des sols de ce
terroir.
Tenez, par exemple, celui-ci se distingue par la
présence de gros éléments proches de la
surface et il est très favorable à la pousse
de la vigne.
D'autres présentent des sols légers ou
argilo-calcaires.
Une chose assez générale m'inquiète
: je n'ai pas trouvé un seul ver de terre. Ce n'est
pas bon signe...
HG - Mais ceci ne représente qu'environ 60
à 80 cm de profondeur. Est-ce l'essentiel vis
à vis de la vigne ?
DB - Des études ont montré que, même
si les racines des vignes peuvent descendre à
plusieurs mètres sous terre, la chimie du sous-sol
intervient assez peu dans le résultat. La physique
(perméabilité, rétention d'eau,
granulométrie...) des premiers 60 centimètres
est, elle, essentielle.
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Argilo-calcaire...Perruches
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HG - Je suis également étonné de
l'importance que vous donnez au porte-greffe.
DB - Effectivement, le porte-greffe joue un rôle
important car c'est bien lui qui inter-agit avec le sol. Des
études expérimentales de mes confrères
montrent que de nouveaux porte-greffes permettent de tirer
le meilleur parti des sols disponibles.
C'est une source d'amélioration que je pense
promise à un grand avenir.
En fait, nous sommes actuellement dans une situation
héritée de quelques décennies.
Il s'agissait alors de choisir les porte-greffes qui
assuraient la production la plus importante possible...Les
choses changent, heureusement !
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HG - Ce qui étonne également sur vos
cartes, c'est que le meilleur jouxte le plus mauvais...
DB - Le sol est, à quelques mètres
près, d'une variété
considérable. Observez que nos anciens avait
tracé des chemins à la limite de ces
micro-terroirs ; d'un côté, le bon, de l'autre
celui qui ne vaut rien...
Certains viticulteurs dans la région
s'intéressent à produire des vins de
parcelle.
Je vous recommande, à l'occasion, d'en
déguster : la variété gustative est
surprenante ! (ABOIRE et à suivre dans le
Vendômois...).
HG - Vous avez rendu ce rapport en Janvier 98...Quelles ont
été les réactions des viticulteurs
?
DB - Bonne question... D'abord, pour certains, un
étonnement teinté parfois de colère :
"comment ? ma terre n'est pas favorable à la vigne
!"...même si l'étude ne fait que confirmer que
les meilleures parcelles sont bien là où on
sait...
Et puis, il y a un intérêt parfois excessif
pour les recommandations en terme de porte-greffe.
Seul problème : la disponibilité des
variétés chez les pépiniéristes.
Mais il faut considérer tout ça dans la
durée et avec mesure...
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