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SujetBiodynamie / Sols de l'Hérault
Posté le20/09/98
Parstephane.vuillard@capway.com (S. Vuillard)
Ceci est un message posté pour Florence Kennel.

Je trouve intéressant que le débat sur la biodynamie ressorte sur Iacchos au moment où l'on parle à nouveau dans "Le Monde" des problèmes de sol dans le Languedoc. Car les deux sont liés : en laissant vivre les vers de terre, les coccinelles et les herbes folles, les biodynamistes sauvent leur terre de la mort biologique et du retour à l'état de rocher.

(Pour ceux que ça intéresse, j'ai mis en fin de mail un petit topo sur la biodynamie que j'avais fait pour un site appelé "Terroirs Bourguignons" . Ca explique les bases théoriques du mouvement.)

Mais ci-dessous je reproduis un des passages les plus intéressants de l'article du "Monde" daté du samedi 12 septembre, titré "les sols du vignobles du Midi se dégradent". (Les possesseurs d'un scanner feraient oeuvre utile en reproduisant complètement le texte pour Iacchos...)

"Tout semble s'être passé comme si le processus classique de formation de la terre s'était inversé. Au lieu que la roche se trnasforme en terre sous l'effet de la faune et de la flore, le sol a évolué de façon régressive, s'est durci, est devenu roche. (...) Du coup, la circulation souterraine des eaux de pluie est chamboulée. Elle s'effectue horizontalement, par dessus l'encroûtement, privant d'eau les racines profondes de la vigne. Le phénomène pourrait contribuer à la diffusion du court-noué, une maladie virale qui affaiblit la vigne et est sans remède à ce jour. La "rétrogradation biologique" paraît être liée au mode de culture de la vigne. La disparition, il y a une quarantaine d'années, de 15 000 chevaux de trait a privé le vignoble d'un apport de compost formé de crottin, de paille, de céréales ou de roseaux des marais. Plus tard, l'utilisation massive des désherbants a supprimé en masse ces racines d'herbes folles qui favorisent l'aération et l'activité biologique du sol. Par contecoup, la faune souterraine a disparu. Le milieu s'est fermé. Piégé dans le sol, le gaz carbonique produit par la dégradation de la roche calcaire a entraîné, suppose-t-on, la fossilisation des racines. (...) Une étude de l'INRA sur le déperissement des vignes dans l'Hérault avance le chiffre de 40 000 ha menacés : le tiers du vignoble du département. (...) Aux yeux des techniciens de la chambre d'agriculture, le seul moyen de retourner la situation serait la mise en oeuvre d'un programme titanesque d'addition d'humus, de réduction de l'emploi des pesticides, d'enherbement naturel et maîtrisé. Objectif : élever progressivement le taux de matière organique, favoriser la réapparition des vers de terre".

PS. C'est exactement ce que prêche depuis des années Claude Bourguignon, un ancien de l'INRA, précurseur de l'analyse de la vie biologique des sols, un des apôtres de la biodynamie.

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La biodynamie : fumisterie ou nouvelle agriculture ?

Dans 'biodynamie', il y a 'bio' : donc, pas de potasse ni de pesticides. Le viticulteur ne s'autorise que le cuivre et le soufre-fleur (en poudre jaune, non dilué dans un solvant queconque). D'ailleurs, né dans les années 30 en Allemagne, ce courant de pensée a été aussitôt interdit par les nazis sous la pression de l'industrie chimique, grande pourvoyeuse d'engrais et de désherbants.

Mais surtout, dans biodynamie, il y a 'dynamie'. Derrière ce mot abstrait se cachent en fait les dictons pleins de bon sens des anciens, qui faisaient de la biodynamie sans le savoir en respectant le mouvement des planètes et les cycles de la plante. Par exemple, un biodynamiste ne taillera pas sa vigne avant le 10 janvier. Car c'est autour de cette date que la vigne bascule en sève montante. Elle 'pleure', expulsant de ses veines sa sève... et les parasites qui auraient sinon profité de la blessure laissée par le sécateur.

Mais les biodynamistes ne se sont pas contentés de remettre au goût du jour la sagesse ancestrale. Ils ont innové en inventant l'homéopathie viticole sous le nom de 'préparations'. Une préparation est la dilution homéopathique de produits naturels, travaillés par la main de l'homme, et pulvérisée à des doses minuscules sur le vignoble. Il existe huit recettes à base de bouse de vache, de cristaux de quartz, de camomille, d'ortie, de chêne, de pissenlit et de valériane. Elles sont compliquées : la bouse doit ainsi être versée dans une corne de vache et enterrée tout l'hiver. Mais quand on la déterre, la bouse a totalement perdu son odeur. Elle est devenue au contraire une sorte de terre noire riche et friable (on dirait de la tourbe alsacienne)! On la dilue dans de l'eau en respectant des mouvements précis pour que la matière circule bien dans le liquide. Puis on la brumise dans les vignes entre 15 heures et la tombée de la nuit. Ce cérémonial a valu aux biodynamistes les quolibets des viticulteurs, y compris des 'bio'. Il n'existe en effet à l'heure actuelle aucune preuve scientifique de l'efficacité réelle des préparations. Mais les biodynamistes peuvent se vanter d'avoir des sols riches en micro-organismes vivants, des vignes aux racines profondes et de petits rendements, trois critères sûrs de qualité.

Florence Kennel

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Message "forwardé" de la mail-liste Iacchos Informations : Mél : cRemond@iacchos.com Web : www.iacchos.com -------------------------------------------


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